LE PERDREAU DELANNEY

 

 Manu 3

Manu 1L’ouverture, mais de quelle  ouverture parlons-nous ? De l’ouverture de la chasse de dimanche dernier ? Des ouvertures du demi du même nom - sans pression bien sûr- ? Des ouvertures Wagnériennes : « Le Crépuscule des Dieux » - ou des « Vieux » en l’occurrence - de la «  La chevauchée des Walkyrie », de « Tannhäuser et le tournoi des chanteurs à la Wartburg » , du «  Hollandais volant », de «  Rienzi, le dernier des Tribuns », autant de titres qui pourraient convenir à notre sujet mais non, nous ne parlons que de l’Ouverture de la saison 4 de nos portraits. Et pour choisir l’heureux élu, il ne fallait pas un perdreau de l’année. Manu 2

Emmanuel n’en est pas un avec ses quarante quatre printemps bien sonnés ( année de naissance du club), il fait figure de vétéran, d’ancien des campagnes le plus souvent fédérales : un vieux briscard qui ne reprit qu’il y a deux saisons pour suivre son fils aîné Hugo sur les terrains après une longue césure due à de multiples blessures physiques et morales: la dernière, une mauvaise fracture de la cheville lors d’un match de retraités mais quand la passion vous anime et que la carcasse tient, le volatile a beau battre de l’aile, il peut encore voler même avec de la chevrotine dans les flancs : le retour du guerrier Manu fit merveilles au sein d’une équipe réserve lors de la dernière édition, accédant à la finale du championnat de Normandie des Réserves. 

Manu 4Les recettes du perdreau sont légions : Sportif accompli, ce champion de Normandie séniors et juniors est un athlète qui conjugue malgré le poids des ans : course à pieds, natation, vélo ; le rugby lui a façonné un mental de conquérant : sa tête à la sortie des vestiaires en dit suffisamment long pour comprendre  qu’il sait recevoir mais aussi donner et distribuer, son regard fusille, sa grande gueule paralyse.  L’oiseau ou le gibier un peu sauvage ne donne pas sa part aux chiens et ses coups de bec attisent l’agressivité de ses partenaires et adversaires  :  seconde ligne de métier et de devoir - comme son oncle Manouille, grand double mètre des années 80-, coureur infatigable- un lièvre diesel-, plaqueur kamikaze, empêcheur de tourner en rond, provocateur amusé et roublard, pousseur et tracteur inépuisables, son expérience galvanise les plus jeunes à qui il délaisse le glanage en touche pour se consacrer au déblayage et chapardage ; turfiste dans l’âme, il joue un peu les bourrins sur le pré , ne quittant le terrain qu’à l’usure et par ruse de ses coaches ; ce caractère entier qui ne fait aucune concession et qui parle souvent plus vite que son ombre pour impressionner, cache en fait un cœur tendre sous sa carapace de dur : sa femme Christine et ses enfants , Léa, Hugo et Inès ont depuis longtemps compris qu’ils pouvaient  attendre beaucoup de sa générosité et de sa tendresse d’homme masqué sous des tatouages d’artiste qu’il arbore discrètement.

Manu 5

            Finalement le chassé serait plutôt chasseur et dans notre sport, à choisir, il vaut mieux être du côté de celui qui tient le fusil, prédateur plutôt que proie. Alors Manu, les battues commencent,  la chasse est ouverte,  profite de l’un de tes derniers envols ! Manu 6

            Ouverture des portraits rattrapée par l’ouverture du championnat car notre perdreau, malgré son âge canonique évolua ce dimanche en seconde latte et en première, svp. Le devoir accompli, il pourra migrer vers de nouveaux horizons, le Canada l’attend dès mardi. Bon voyage :

« Comme un vol de perdreau hors du charnier natal,

Fatigué de porter sa misère hautaine,Manu 7

De Pont-Au au Québec, Manu, la cinquantaine,

Partait, ivre d'un rêve héroïque et brutal ». Le Conquérant d’après JM de HEREDIA

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