TRANCHE DE VIE 

Jean 1Je vous parle d'un temps que les moins de 16 ans ne peuvent pas connaître. En ovalie, le CA Bègles était champion de France. A Londres, les Australiens battaient les Anglais par 12 à 6, pour devenir champions du monde. Pendant ce temps, Blanco tirait sa révérence. Les Français terminaient deuxièmes du tournoi des cinq nations mais perdaient contre les Anglais. A Pont-Audemer, je succédai à René, Marcel, Marc à la présidence du RCPA qui retrouvait la Nationale 3 et se trouvait un nouvel entraîneur en la personne de JL PIPY En ce temps-là, l'équipe réserve était championne de Normandie ; les juniors, finalistes du championnat régional ; les cadets, vice-champions régionaux et l'école de Rugby gagnait le trophée Groupama de la meilleure école de rugby de l'Eure. A l'entrée de cette saison 91 /92, nous savions que nous disputions notre dernière année sur notre terrain fétiche de Saint-Paul et la nostalgie s'effaçait face à la l'excitation que nous ressentions en imagi­nant nos futures installations. Cette saison fut rude en combats contre les grosses cylindrées de l'ile de France mais également au cours des derbys qui nous opposèrent au HAC et à Gravenchon. En somme, l'année de tous les dangers que les écureuils négocièrent parfaitement pour se maintenir en division nationale.Jean 4

Puis vint le temps ou le RC Toulon fut champion de France, cette même saison, à Nantes, les coqs se firent croquer par les pumas. Les Français terminèrent seconds du tournoi des cinq nations encore battus par les Anglais, ce fut l'entrée en vigueur du permis à points, tout allait mal. .. «Le complexe sportif» était inutilisa­ble, inondé en permanence. Seuls les plus anciens Pont-Audemériens s'en amusaient : «quelle idée d'avoir construit des terrains de sport à cet endroit, il n'y a toujours eu, ici, que des gabions !». Fort de cette révé­lation et en président responsable, qui constatait que les conditions d'entraînement et de match se dégra­daient au fil des semaines, je décidai de partir en guerre contre le responsable de ce désastre. De président de club sportif, je devins successivement, spécialiste en drainage et en granulométrie, journaliste d'investiga­tion, accusateur public. Finalement, ce fut la casquette de négociateur qui me fut la plus difficile à porter. Pendant ce temps, emmenés par Jean Marie LEGUIADER, leur nouvel entraîneur, les écureuils affrontaient courageusement Antony, St Denis, s'exportaient à Chartres, Vendôme ou Vierzon et disputaient de nouveaux derbys contre Caen et Evreux pour se maintenir en troisième division nationale. Jeff DREYER et Dominique ROMAIN préparaient la relève en se dépensant sans compter auprès des juniors et Xavier GARCIA se découvrait des talents de pédagogue en dirigeant magistralement l'école de rugby. 

Ils sont venus, ils sont tous là, il y a surtout ces vieux aux corps cabossés, comme l'écrira Marcel, ces seniors à fière allure, cette photo faite pour jaunir dans un coin du club des quatre présidents et du secrétaire per­pétuel. Bien sûr, nous sommes le Samedi 8 Mai 1993 et le RCPA fête ses 25 ans. Le titre du journal local en dira plus qu'un long discours: « quelle belle fête !». 

En ce début de saison 1993/ 1994, Castres est champion de France, la France a gagné le tournoi des cinq nations mais encore une fois battue par l'Angleterre. Nelson MANDELA est prix Nobel de la paix, mais pour Pont Au, cette année sentira la poudre ... Les déplacements nous asphyxient, pensez qu'avec un budget qui reste constant nous devons aller batailler contre le comité de Bourgogne. Autun, Chagny, St Léger-des-Vignes sont nos adversaires désignés. Les grosses pointures d'ile de France, quant à elles, restent au pro­gramme, puisque nous rencontrerons Massy, SCUF, Pontoise et Massif Central. L'année s'annonce difficile pour «Lagardère» et ses hommes mais ils ne savent pas encore à quel point .... Courageux, ils le seront. Appliqués, ils le deviendront sous la houlette de Jean Marie qui cultive, sur ce terreau favorable, un bel esprit «Rugby». Fidèles, ils l'ont toujours été, additionnant les kilomètres, chaque fin de semaine, pour défendre les couleurs de leur club.

Les années 1993-1997 

Jean 3Cocufiés, ils vont l'être par la fédération, qui maintiendra, au mépris du règlement, deux clubs d'ile de France en situation irrégulière en Nationale Ill, au détriment Du RCPA. Rien n'y fera, pas plus l'appui des présidents des comité d'Alsace et du Nord qui manifestent clairement leur solidarité, que notre démarche auprès du Président LAPASSET qui nous laisse à penser que «ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire» est la poli­tique de l'équipe dirigeante en place. Nous nous verrons offrir, Jean Marie et moi, chacun une cravate ... Et un jeu de maillots pour le club, en réponse à nos questions sur la tricherie des Franciliens et à nos interro­gations sur l'avenir des petits comités. 

 

 

 

Heureusement, de retour au club, et plus particulièrement au comptoir de Papy EUDELINE, les petits oiseaux gazouillent et les petits poussins picorent jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Et même· si nous descendons en division d'honneur, au terme de cette saison, et bien non, non, non, RCPA n'est pas ·mort ! il n'est qu'à voir les GRECO, BARNAUX, TYNENSKI, BESSON, DUVAL, REMOND, GOURIOU, ROMAIN donner de leur temps et de leur énergie pour animer l'école de rugby. Nous assisterons même; au mois de mai 1994 au retour d'Yves HAMEL, les bagages pleins de jeunes rugbymen de Cayenne, venus effectuer une tournée en Normandie, sur les traces de MARISTELLA, notre mascotte depuis plusieurs mois. Jean 2

Ce début de saison 1994-1995, le stade TOULOUSAIN est champion de France, les Français terminent troi­sièmes du tournoi des cinq nations, encore battus par l'Angleterre. Malgré tout, on inaugure le tunnel sous la Manche ... Le RCPA est en division d'honneur et prépare ses joutes contre Bayeux, Dieppe, le HAC, le RCPH et L'Aigle. Et quelles joutes ! puisqu'à l'issue de cette saison, Pont-Audemer est sacré champion de Normandie, participe aux huitièmes de finale du championnat de France et retrouve, en fanfare, la troisième division nationale. Discrètement, emmenée par Alain ROLLAND, l'équipe Junior franchit la barre des 700 points marqués pour 77 encaissés ! Cette débauche de succès valait bien qu'à la fin du match épique contre les Picards Amiénois Boris rendit sa raie ... publique ! Jean 5

1995, l'Afrique du sud est championne du monde en battant les ail blacks, le stade TOULOUSAIN est tou­jours champion de France, les Français terminent à la troisième place du tournoi des cinq nations, encore battus par les Anglais ; le Rugby rejoint les sports professionnels. A Pont-Audemer, Jean-Marie LEGUIADER aidé de Jacques THIBOUT entament leur saison par un succès en première et en réserve en terre Valenciennoise. Cette saison nos adversaires sont plutôt nordistes et toujours Franciliens. 

Pont-Audemer joue à son niveau, l'a prouvé l'année précédente en surclassant ses adversaires et cette idée fait son chemin dans les têtes, les matchs sont abordés, certes avec sérieux, mais plus sereinement. Comme l'écrira Jean Marie, «les carcans ont cédé et les tactiques figées ont fondu avec le retour du printemps». Le club est bien structuré, chaque commission maîtrise son sujet, les taches sont partagées et le résultat fructueux. Le travail patient des éducateurs de l'école de rugby porte ses fruits, offrant aux entraîneurs de l'équipe fanion, un réservoir de jeunes talents formés dans le moule et avec la «patte» RCPA. Délesté des contingences du résultat immédiat, l'équipe dirigeante a pris le pli de nouer des relations amicales et régu­lières avec nos partenaires financiers. Le «pot des commerçants» est en passe de devenir une institution. Du côté du milieu scolaire après quelques hésitations et quelques maladresses de débutants les relations s'installent vite dans la confiance et l'efficacité. 

Marc 4Le club semble s'installer en division nationale et, tout compte fait, il serait peut-être temps de «passer la main» ... Marc PLET, qui ne s'est jamais vraiment éloigné, accepte de reprendre la présidence à la fin de cette saison 1995/ 1996. Libéré de ma charge, je débauche mon ami Nicolas CHABAS et nous prenons en charge l'équipe junior, l'équipe aux 700 points marqués ! Voilà, l'aventure prend fin et en écrivant ces lignes plu­sieurs années plus tard je me dis que 1991 / l996 fut une grande, une très grande tranche de vie. 

PS : au fait, en 1996 les Français terminent à la troisième place du tournoi mais battent les Anglais ... 

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