A LA RECHERCHE DU TEMPS 

 

MarcelComme chaque année, le grand blond ordonnancier, Denis, fidèle auteur-rédacteur-éditeur de la pla­quette RCPA, véritable institution avec ses 25 ans d'âge maintenant, relance inlassablement «ses scribes». Et si le thème est imposé et connu à l'avance·, la gestation, la maturation de l'écriture avant l'éclosion, tardent toujours - les beaux jours nous appellent et les occupations ne manquent pas à cette époque de la saison,- nous remettons à plus tard ce pensum du «devoir de mémoire» et/ou du «devoir de vacances», d'autant que, même si je radote, je ressasse forcément les mêmes souvenirs et ça lasse ... nous en savons tous quelque chose. 

Il pourrait être bien prétentieux , quand on s'appelle Marcel, qu'on exerce le noble métier d'Enseignant, qu'on écrit régulièrement des articles ou des discours et qu'on s'intéresse modestement au théâtre de vous relater les années 80 du RCPA en trois volumes : «le Temps des souvenirs», «les Gloires du RCPA», et «le Temps des Amours» , mais rassurez-vous je n'ai pas l'accent d'Aubagne et si les cigales stridulent, c'est bien métaphoriquement - je le regrette et tant pis pour la fourmi - quand le clavier «craquette» au grand dam de Denise qui s'affaire seule aux obligations ménagères ... place donc au Passé ... la «Magdeleine» ou «la Magdelon» (comme vous le sentez) ravivera bien quelques sensations ... 

 

TOME 1: « LE TEMPS DES SOUVENIRS » 

 

Quand vous devez raconter des souvenirs de plus de 25 ans, vous commencez par prendre un coup de vieux et puis vous vous apercevez que votre mémoire a occulté un certain nombre d'événements, effa­cés non, oubliés non plus, tout simplement enfouis : elle est incapable de les dater précisément-mais là n'est certainement pas l'essentiel- alors vous vous replongez dans votre histoire, notre histoire avec les manques et approximations d'un Alzheimer en devenir, vous recherchez, fouillez et retrouvez au fond d'un vieux cartable défraîchi les articles jaunis, les photos froissées- pas toujours tendres avec vous-, les discours griffonnés : une multitude ·d'images aux émotions fortes remontent à la surface, précises ou vagues : 

19831983-1984 : Ce sont les premiers titres du RCPA : un titre de champion de Normandie Honneur et minimes, le challenge des Drakkars (Coupe de Normandie) mais au-delà de ces résultats flatteurs c'est avant tout la maturité naissante, l’éclosion d'un groupe portant le même projet, les mêmes envies qui prenait conscience de son potentiel tarit sportif qu'humain sous la houlette de l'un des géniteurs revenu aux commandes ... 

1984 - 1985 : A nouveau, le RCPA conquiert le titre de champion de Normandie Honneur tant en première qu'en réserve, participe aux championnats de France éliminant L'Hay les Roses, Nantes et s'incli­nant 9 - 3 face à Ris-Orangis en huitièmes, synonyme de montée en troisième division : objectif de la sai­son : armada de supporters à Vernon, descente en fanfare de la rue de la République, libations tardives et bruyantes, une suite euphorique au Mans. Une tournée légendaire in England : Salcombe, Gloucester et Stow : cette course épique de cars sur la motorway, la panne d'essence, l'arrivée des policiers, les petites françaises qui nous suivaient dans leur voiture doivent s'en souvenir encore : un grand moment de vie fes­tive et collective que les six défaites de ce week-end de Pâques (première et réserve) n'altérèrent en rien ... Marco chassait en Bavière, entraînait sa meute à poils sur le ferry : rugby qu'on chérit pour tous ses contacts physiques et humains. 1985

1985 - 1986 : C'est la première année de cette plaquette que porte à bout de bras une équipe tou­jours renouvelée et cette année de tous les dangers où le RCPA attend le dernier match contre le Stade Français, Saint Paul en rougit encore (victoire 27 - 12) pour atteindre son seul objectif le maintien avec cinq victoires seulement mais la découverte et l'apprentissage d'exigences nouvelles. Le Tournoi international de Caen qui restera dans la mémoire de tous les participants : le Flipper et le Sumo de nos animateurs de troi­sièmes mi-temps préférés : Kiki, Mulot et bien sûr Gilou dont la renommée dépassa à cette occasion les bords de la Risle. Manu Mordant profita de ce samedi pour inaugurer une nouvelle tendance : entorse du genou  plâtré ; Fabienne, la veille de son mariage ne pouvait qu'apprécier ce cadeau nuptial. 

1986 - 1987 : Une transition pour moi, je termine mes années de présidence et le club prend son rythme de croisière en nationale 3 avec notre première victoire à l'extérieur au Rheu et une troisième mi-temps mémorable où nous nous fîmes sonner les cloches à Villedieu les poêles par le ·tenancier d'un bar qui vit arriver cinquante rislois assoiffés et vociférant au son de la trompette de la famille Mouche!, la dernière halte nous mena au buffet de la gare de Caen pour une nième sérénade ... nos femmes nous en parlent encore et pour cause, nous ne rentrâmes pas bien tôt. Mais bon Dieu que la victoire était belle, à la risloise. Une Tournée en Belgique où la Grand Place résonne encore de nos chants et des facéties du ·Grand Gilles­-il aurait bien remplacé le Manneken-Pis ; RV de Mons vient encore nous rendre visite et commémore cette inoubliable sortie avec les plus anciens. 

1987 - 1988 : A la dérive et bon dernier à la fin des matches allers ... le hasard nous parachuta un anglais- ce n'était pas le premier au club : Alec John, Clift Brown.-Chris Churm Chris Churm, petit gabarit, des jambes de feu, international treiziste, svp qui nous remit en un rien de temps dans le sens de la ligne de but adverse : la fin des matches retours (aucune défaite) nous offrit l'envieuse quatrième place : les play-off nous atten­daient. Metz, Thouars et Royan : les voyages forment la jeunesse : les Oper, Sausse, Vernoy ... fourbissaient leurs premières armes : une raclée à Metz : arrivée à 14 h 30 match à15 h, une courte défaite à saint Paul où mille personnes vinrent découvrir le «ruby» local ; un déplacement homérique à Royan où fanfare et flonflons nous poussèrent à l'exploit jusqu'à la mi-temps et un retour de Thouars dans la tradition des Mimile et des Totor avec arrêt Pizza au Mans jusqu'à plus soif. 

 

 

 

TOME 2 : « LES GLOIRES DU RCPA »

 

Le rugby, sport collectif, a besoin d'individualités aux fortes personnalités, qualités humaines et spor­tives pour le rendre encore plus attrayant et performant : (que ceux qui ne figurent pas dans ces «élus», sachent qu'ils sont tous aussi glorieux dans nos cœurs). 

Marcel 2

1983 - 1984 : Jean Pierre Urnous, catalan, professeur entre autre du cadrage -débordement d'école, maître de la feinte de passe, roi du crochet dévastateur, créa et recréa le rugby à son image : convivialité, lucidité, solidarité et état d'esprit : jeu et plaisir ... des valeurs que le RCPA continue de cultiver avec bon­heur. 

1984 - 1985 : Les Mascarets rouges et bleus, chers à notre ville, les déferlantes déployées des Yves Hamel, le catalyseur ; Olivier Gréco, l'instigateur ; Philippe Lamy, le finisseur, Dominique Romain, le dynamiteur-gladiateur et Didier Reinaudo, l'accélérateur, vagues à l'âme, vagues talentueuses que tout le rugby normand nous enviait. 

1985 - 1986 : Rugby, un sport de famille et le RCPA avait la chance de bénéficier des Mouchel, famille d'artistes discrets mais leaders : Philippe dit Pilou, l'aîné, le plus longiligne de nos 2èmes lignes et le plus poète, mais quel tempérament ! Didier, homme-fanfare, capable de toutes les subtilités et facéties du jeu perforateur, transformateur, passeur et défenseur mais aussi journaliste, trompettiste, photographe, Frédéric, le plus jeune, peintre connu, reconnu et méconnu, pourvoyeur de gonfles et poutre maîtresse d'un pack conquérant, nous gratifiaient de leur envergure et de leur, charisme naturel. Didier Mouchel

1986 - 1987 : Robert Poulain, homme providentiel, retraité du haut niveau qui vint, par passion, nous confier ses secrets d'entraîneur, conciliant sagesse et expérience. Le terrain d'honneur du Parc des Sports porte aujourd'hui son nom. J'y associerai les Christophe Orus (notre premier sélectionné national), Dominique Romain, Serge Zunigas,Jeff Plessy, Pascal Bailleul, Gilles Biet et Patrick Gascoin qui portaient nos couleurs à cette époque et qui nous ont quittés depuis, sans oublier bien sûr, notre René Plessy, président pendant dix ans : notre Richard Carrère est en passe de l'égaler, tout un symbole. 

Marcel 3Cette liste ne saurait être complète sans y ajouter quelques gloires plus discrètes parce qu'elles ne figurent pas dans les compos des équipes de joueurs, partie visible du club, mais dans celles de la partie immergée des dirigeants : Francis Seninck à la presse, Jean Claude Gréco à la diplomatie, Anne Marie et Jean Marie Vernoy aux soins, Yvette Biet aux finances, M. et Mme Leleu pour les entrées, M. Mme Simon pour la buvette et bien sûr Jean Lecacheux, notre docteur miracle. 

 

TOME 3 :« LE TEMPS DES AMOURS »

 

Un sport, un club, une famille, des hommes et des femmes, un état d'esprit, d'hier et d'aujourd'hui -malgré toutes les évolutions et révolutions- qui ne seraient rien sans ce fil rouge qui nous anime tous, du plus jeune au plus âgé, une passion partagée par solidarité, amitié et convivialité. 

Ce ne sont pas les amateurs de rugby, pantouflards, supporters occasionnels ou inconditionnels qui me contrediront : le rugby et ses valeurs sont porteuses. 

Ce ne sont pas les rugbymen amateurs qui n'hésitent pas à parcourir cent kilomètres, qui refusent les offres financières de clubs plus riches pour jouer dans leur club avec ceux de leur famille. 

Ce ne sont pas les anciens, les très anciens comme les jeunes anciens qui le renieront quand ils se retrouvent pour une soirée à évoquer tel ou tel épisode glorieux, aventureux ou pénible, la passion chevil­lée à leurs histoires comiques, ubuesques ou tragiques ; 

Ce ne sont pas les noms des Seys, Versavel, Oper, Carrère, Hamel, Sénioris, Duny, Dejoux, Thibaut, Leleu, Taurin, Lhérondelle, Chabas, Fabre, Eude, Cardon,  une équipe déjà ... et autres enfants de la balle  qui fleurissent à nouveau dans les compositions d'équipes des séniors comme des plus jeunes, qui vous diront le contraire, le rugby et le RCPA se vit toujours passionnément de père en fils. 

Ce ne sont pas ces parents qui accompagnent, se dévouent pour donner un coup de main à tous les bénévoles du club qui découvrent cette passion qui les anime, les taraude et qui répondent à toutes nos sol­licitations pour profiter au mieux du club, du rugby et du bonheur de leurs enfants, les tournois et la tour­née de Saint Lô organisée par l'une des figures emblématiques de ces dernières saisons Fabrice Duparc témoignent que cette passion est bien communicative.  

Ce ne sont pas les Richard Carrère, Pierre Gouriou, Yves Hamel, Denis Bocquet, Guy Mouchard, Thierry Leleu, Stéphane Duny, Eric Oper et tous les autres qui me démentiront, ils étaient sur les photos en tant que joueurs, il y a 25 ans, aujourd'hui ils ne sont plus à la même place mais ils sont toujours pré­sents comme dirigeants, éducateurs ... et transmettent à leur tour ces valeurs reçues par les générations précédentes. 

Autant de dévouement, d'investissement, d'altruisme sont la preuve que le temps des Amours n'est pas prêt de s'éteindre au RCPA et que la flamme rouge et bleue nous éclairera et nous réchauffera long­temps encore... le cinquantenaire n'est plus bien loin car le Passé se conjugue toujours amoureusement -ne soyez pas jalouses épouses- au Présent au RCPA.

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