20192020semaine19breve3Immuablement le rendez-vous pour le départ en Tournée était fixé au « Bar des Alliés », siège social de l’époque, tenu par les « Jourdan », un sympathique couple du terroir remplacé par les Bourgeois, normal, me direz-vous. Dix-neuf heures : Tournées de chauffe… la « pression » monte. D’une équipe, nous étions passés à deux : le car Béneult et ses fidèles chauffeurs Michel et Jean Michel patientent…l’embarquement au Havre est prévu pour 22 h : « Townsend Thoresen ou P.O » selon les tarifs nous transportaient pour de folles soirées débridées.

Raymonde et René Plessy, notre couple présidentiel, nous suivent en voiture avec un petit fût de vin de 50 litres que nous offrirons à nos hôtes à l’après-match. D’ailleurs, ils profiteront de l’amitié naissante avec les Rowden, Jack et Janet qui les reçoivent, pour visiter la campagne anglaise : Spring in Costwolds’s gardens is marvellous… une amitié qui les poursuivit bien après le règne de René. 20192020semaine19breve5Jean François dit Jeff, le fils aîné de Raymonde et René, fit une fois les frais de la chasse aux « migrants » de douaniers zélés : sa carte d’identité périmée, il dut nous voir « filer à l’anglaise » pour l’embarquement. Son père et sa gouaille légendaire tentèrent bien de soudoyer les fonctionnaires mais en vain. Le fils prodigue resta à quai, dut téléphoner à Annick, sa charmante épouse, qui vint le récupérer au port.

 

20192020semaine19breve220192020semaine19breve8Sur le ferry, les « Jules » se dispersent : les uns prennent d’assaut les bars, d’autres se précipitent au « duty free » pour se charger en précieux liquides (la traversée dure plus de 6 heures), d’autres travaillent leur biceps au bras des manchots (machines à sous) à la recherche de deniers supplémentaires, d’autres encore draguent les petites anglaises…tout le monde se retrouve pour chanter jusqu’à une heure avancée pour défier le temps et nos futurs choristes rosbifs du samedi soir.20192020semaine19breve1020192020semaine19breve9

20192020semaine19breve7« Les scènes de chasse en Bavière », « Les orgies de Marcus Ancullus » - en petite tenue, svp, « Les parties de billard humain » et les sketches improvisés se succédaient jusqu’à une heure avancée nous laissant les zygomatiques bien relâchés, les voix bien éteintes et les bouches pâteuses devant un parterre de spectateurs médusés qui s’amusaient de nos facéties. Nous retrouvions d’autres clubs eux aussi en goguette : Lisieux, Brionne, Bernay, le Havre : des rencontres homériques mais fatigantes surtout à l’heure où se profilaient les côtes anglaises.

20192020semaine19breve4René, bloqué à la douane avec son petit fût dans le coffre, fulminait et pour libérer le précieux butin, dut s’acquitter des taxes dans un anglais-normand rudimentaire qui traduisait  bien sa révolte et son incompréhension : «  ce breuvage appartient aux membres du car ! Bloody wine ! Bloody country !»20192020semaine19breve6

L’année suivante, René nous distribue deux ou trois bricks de vin en carton que nous cachons au fond de nos sacs de sports. Arrivés à destination, il fallut constater les dégâts et les pertes. Non seulement nos fringues fleuraient bon le nectar mais la récolte du précieux jus de raison fut bien en deçà des provisions pour nos hôtes si accueillants : « Le pinard, c’est de la vinasse …! »   pouvait entonner notre Coco. Bon au royaume de sa gracieuse majesté, il nous restait les pintes de bière et le whisky pour nous achever.20192020semaine19breve11

Partenaires Internet 2020